EMDR : cas pratique

 

Lola, 25 ans vient consulter en thérapie pour des crises de panique et des problèmes de sommeil.
Lola est surveillante dans un internat. L’été dernier une nuit où elle dormait sur place, l’alarme « intrusion » s’est déclenchée dans le bâtiment adjacent.
Elle s’est levée, et guidée par un stress important, mais facilitateur elle a éteint l’alarme et est allée vérifier qu’il n’y avait personne dans le bâtiment concerné.
De retour dans sa chambre, elle a été prise de panique et n’a pu se rendormir.
Dans la même semaine, elle a été réveillée en pleine nuit par le bruit d’une porte que l’on tentait d’ouvrir. Le stress a été paralysant et elle n’a pu surmonter sa peur et aller vérifier ce qui se passait.

Nous sommes en mars, et depuis Lola ne parvient plus à dormir lorsqu’elle est de « nuit » à l’internat. Cela la perturbe plusieurs jours à l’avance. D’une manière générale, son sommeil est affecté, même lorsqu’elle ne travaille pas, avec des difficultés d’endormissement et des réveils nocturnes.

1er RV
L’événement déclencheur est bien identifié, Lola ne présente aucune contre indication à une thérapie par l’EMDR. Je lui demande de se projeter dans un futur dans lequel ses problèmes ont disparu afin qu’elle prenne conscience de ce qu’elle attend de notre travail et qu’elle puisse se visualiser de manière positive dans l’avenir.
Je lui demande de me décrire un lieu qu’elle aime, dans lequel elle se sent vraiment bien.
Un guidage d’hypnose Ericksonienne lui permet de visiter ce lieu, et d’y ressentir des émotions positives. Elle pourra visualiser ce lieu sûr et y retourner chaque fois qu’elle en ressentira le besoin, entre nos RVs et également par la suite.

2ème RV
Une semaine plus tard

Après quelques questions sur sa semaine et avoir vérifié qu’elle avait pratiqué « le lieu sûr »,
Nous déroulons le protocole EMDR en 8 étapes.
Après quelques stimulations bilatérales alternées, l’émotion monte, Lola ressent de la peur et pleure. Puis très vite, des sensations corporelles émergent, se transforment et laissent la place à des images et des émotions positives.
En fin de séance, elle a des difficultés à revoir les images, entendre les sons et ressentir les émotions liées à l’événement déclencheur.
Elle me dit : « c’est flou. C’est bizarre, je n’ai plus peur, c’est juste que je me dis que je n’ai pas envie de me lever et que j’aurais bien voulu dormir tranquille ».

3ème RV
3 jours plus tard.

Lola n’a pas retravaillé de nuit. Elle a dormi sans réveil nocturne mais a eu quelques difficultés à l’endormissement.
Quand elle pense à l’événement déclencheur, elle se sent sereine, « c’est toujours loin et flou » dit-elle.
Une pratique de sophrologie vient consolider l’ensemble de notre travail en lui donnant une technique dite « Stop » pour remplacer des images, sensations et émotions négatives par du positif, et une technique de respiration facilitant l’endormissement.
Je lui conseille pendant quelques semaines d’avoir recours à la phytothérapie pour rétablir un sommeil régulier.

1 mois plus tard
Lola m’a appelé pour me dire que tout était revenu dans l’ordre, qu’elle avait retrouvé un sommeil de qualité et qu’elle dormait bien lorsqu’elle était de nuit à l’internat. Elle peut penser et parler de cette nuit de l’été dernier sans émotion particulière.